Mon enfance fut heureuse, oh que oui ! J’ai été choyée et aimée par mes parents. Aujourd'hui, je vous emmène dans un endroit unique où j’ai passé de précieux moments et engrangé de vrais souvenirs de gosse. Bienvenue à la piscine du bonheur !

Habitués, gens du coin, tous se retrouvent ici avec le même entrain, la même joie, le même enthousiasme. Vous allez rire mais une chose est sûre : cette piscine- là, elle a une âme ! Piscine d’été et de quartier, j’aime son caractère sauvage et convivial. Tous les ans, on attend la mi-juin avec impatience !

On se baigne le temps d’une pause déjeuner, d’un bel après-midi ensoleillé. Les plus courageux viennent faire quelques longueurs le dimanche matin. Certains préfèrent venir en profiter sur le tard après une journée de boulot, quand la chaleur est moins forte.

Chacun y trouve son compte : jeux, détente, entraînement improvisé.... Tous paraissent sereins et calmes. Certains font bronzette assis au bord du grand bain tandis que d’autres restent au frais sur leur serviette, étendue dans l’herbe à l’ombre des arbres. Certains lisent un bouquin pendant que d’autres dorment.

Les enfants s’éclatent et s’en donnent à cœur joie ! Ils sautent dans l’eau encore et encore….. et se fichent pas mal de nous éclabousser au passage. D’autres jouent au ballon avec leurs parents ou leurs copains. D’autres encore se lancent pour leur grande première.

Après tous ces efforts vient le réconfort. Ah… la buvette et les sempiternelles frites ! Je me souviens d’une dame accueillante et chaleureuse qui tenait la buvette. Légèrement enrobée, brune d'âge moyen, elle avait toujours une histoire drôle à raconter. Putain qu’est-ce qu’elles étaient bonnes ses frites ! Les merguez, steaks et chipolatas aussi. Ses glaces étaient tout aussi agréables à déguster en période de canicule. Bref, tous ses pt’its plats étaient bons, bien que non faits maison. Plus qu’une buvette c’était pour nous presque un mythe, un lieu de rencontre. Il y régnait une ambiance particulière. Aujourd’hui encore, on peut y manger un petit quelque chose.

Fin de la baignade, passage obligé en cabine. Un brin anciennes voire archaïques, on dirait des cabines de plage. Portes en bois, peintes de différentes couleurs avec un verrou approximatif. Elles ferment, c'est le principal !

Y paraît que ça va fermer. Pas assez rentable selon eux… Non ! Non ! Laissez- nous notre piscine !