Hier encore, elle était là. Elle était lasse mais bel et bien là, avec moi. On s'est baladés dans le parc Sainte Madeleine pendant deux bonnes heures. Comme tous les soirs, peu avant 21h, nous nous sommes confortablement installés devant le cheminée pour siroter une bonne tasse de thé au gingembre. C'était son préféré. J'ai ensuite obtenu gain de cause : on a regardé la septième compagnie et déconné à pleins tubes. On a ri à en pleurer. Détendus comme jamais, on s'est couchés, un peu plus tôt que d'habitude. Blottie contre moi, elle s'est endormie, insouciante. Quelques minutes plus tard, rassuré, je l'ai suivie.

Au petit matin, c'est la stupeur. Élise est là, allongée de tout son long, totalement inerte. Encore chaud et tourné vers moi, son corps de déesse ne réagit plus. Je lui parle mais elle ne répond pas. Il est trop tard. La machine s'est arrêtée. Elle a rendu son dernier souffle et m'adresse un dernier sourire, figé à jamais au fond de ma mémoire. Plongé dans mes rêves les plus fous, je n'ai rien fait. Elle m'a quitté et je n'ai rien vu, rien entendu. Elle est partie pour toujours, me laissant seul avec son absence. Pauvre chérie, elle n'avait que quarante ans.....

Je ne serai plus jamais le même. Dans mon cœur, le diable a creusé un trou sans fond. Arrachée à moi, elle me manque cruellement. Son départ si soudain me ronge de l'intérieur. Je suis brisé. Je ris dehors et je pleure dedans. Cette nouvelle blessure ne se refermera pas de sitôt. Je n'ai jamais connu de si vive douleur. Caque soir, à la même heure, je m'assieds dans mon grand canapé de cuir noir. Cette vieillerie est aussi noire que le contenu de mes pensées. Je reste là à me morfondre, sa photo à la main. Chaque seconde qui passe me rappelle à son souvenir. Élise est partout, tout me ramène à elle : son parfum, son odeur, la douceur de sa voix et tant de choses encore.....

Elle ne reviendra pas et je le sais pertinemment. Pourtant, je la vois, je la sens, je l'attends. Son rire qui résonne au loin, ses boucles blondes qui ondulent sous mes doigts, le contact de sa peau contre la mienne, toutes ses petites blagounettes hebdomadaires si stupides mais si drôles.....

 

Élise n'était pas l'élue de mon cœur ni la femme de ma vie. Elle était bien plus que ça : la gentillesse incarnée. Elle était droite, simple, tendre et généreuse. Elle défendait les plus nobles causes. Je l'adorais. Je l'admirais. Elle était mon pilier, ma bouée. Personne ne pourra la remplacer. Pourquoi elle, pourquoi moi, pourquoi ça ? Je ne sais pas, je ne sais plus, je suis perdu.

Élise, je ne sais pas exactement où tu te trouves. Tu es peut être devenue un ange ou une bonne étoile. Où que tu sois, j'aimerais que tu entendes ce message. Je voudrais que tu me pardonnes et que tu penses à moi sans jamais m'oublier. Je te promets d'être un homme digne et de faire face contre vents et marrées. Au boulot, je vais me défoncer. En famille, je vais assurer comme un chef. Je te jure de protéger notre petit trésor et de l'aider à lutter contre l'adversité. Elle ne manquera de rien. Tout comme toi, elle sera quelqu'un de bien. Elle obtiendra de bonnes notes et un bon job. Je ferai tout mon possible pour la rendre heureuse. Tout ce que je ferai, je le ferai pour nous trois. Tu seras fière de moi.

Je t'aime tellement que pour t'étreindre mes bras ne sont pas assez grands. Dors, dors mon bébé. Paix à ton âme...

Proposé par Marlène